République
française
Santé Mentale Étudiant
Trouver les bons repères pour prendre soin de ta santé mentale
Tu dors, mais tu te réveilles épuisé. Tu relis trois fois la même page sans rien retenir. Tout te demande un effort, même répondre à un message.
La fatigue qui dure n'est pas un manque de volonté. C'est un signal, et il y a des choses à faire.
Tu n’es pas seul. Des solutions existent.
En cas d’urgence
Si tu es en danger ou en grande détresse, appelle le 15 ou contacte le 114 ou le 112
Cette page et cette vidéo donnent des repères et conseils généraux et ne remplacent pas un échange individuel avec un professionnel qui tiendra compte de ta situation spécifique.
La fatigue devient anormale quand elle persiste malgré le repos (Assurance Maladie - nouvelle fenêtre). Elle n'a pas une cause unique : le manque de sommeil, la charge des études, l'anxiété, un état dépressif ou un problème physique peuvent tous produire la même sensation de fatigue. Comprendre laquelle te concerne change ce qu'il faut faire.
Les 18-29 ans dorment en moyenne 7h48 par nuit, plus que le reste de la population (Santé publique France, Baromètre 2024 - nouvelle fenêtre).
Sauf que la moyenne cache tout le reste : 18,9 % des 18-29 ans dorment 6 heures ou moins, et 29 % déclarent avoir des difficultés à s'endormir ou des réveils nocturnes (Santé publique France, Baromètre 2024 - nouvelle fenêtre). Chez les étudiants, 21 % jugent leur sommeil mauvais ou très mauvais, et un tiers déclarent avoir rencontré des difficultés dans leurs études à cause de leur sommeil (OVE, enquête Bien-être et santé 2024).
Chez les étudiants qui consultent un psychologue via Santé Psy Étudiant, l'épuisement mental et le sentiment d'être à bout constituent le deuxième motif de consultation (18 % des réponses), et les troubles du sommeil sont un motif non négligeable de consultation (8 % - enquête auprès des bénéficiaires de Santé Psy Étudiant, juin 2026, 1 416 répondants).
Nous avons tous une horloge interne. Le soir, elle déclenche la mélatonine, l'hormone qui donne le signal du sommeil. Jusqu'à une vingtaine d'années, ce signal arrive plus tard dans la soirée (Institut National Sommeil Vigilance, Le Sommeil des Jeunes, PDF, 11 Mo - nouvelle fenêtre). Sauf que les cours, eux, commencent tôt. Les nuits de semaine sont écourtées, le week-end sert de rattrapage, et ce va-et-vient fatigue autant qu'une nuit trop courte.
Le sommeil se dérègle aussi par ce qui l'entoure : les écrans tard le soir, la pression des études et le stress des partiels, une chambre mal isolée où le bruit fragmente les cycles de récupération, le café, la cigarette, et même le sport pratiqué juste avant de se coucher. Chacun mis bout à bout retarde l'endormissement. → Voir la page Je m'interroge sur mon rapport aux substances.
Rester en alerte consomme énormément d'énergie. Les pensées qui tournent la nuit, la tension musculaire, l'anticipation : tout cela fatigue, même sans effort physique. → Voir la page Je ressens du stress, de l'anxiété.
Quand la fatigue s'accompagne d'une perte d'envie, d'un moral bas, d'un sentiment de vide qui dure plus de deux semaines, ce n'est plus seulement de la fatigue. Un tiers des étudiants présentent les signes d’une détresse psychologique et la moitié a vécu une période d’au moins deux semaines consécutives pendant laquelle ils se sont sentis tristes, déprimés, sans espoir, au cours des 12 derniers mois (OVE 2024). Cette fatigue peut se soigner, il faut en parler.
La fatigue peut aussi venir du corps : anémie, trouble de la thyroïde, apnées du sommeil… Un médecin peut le vérifier avec un examen et, si besoin, une prise de sang ( Assurance Maladie - nouvelle fenêtre). C'est une étape à ne pas sauter.
L'épuisement fonctionne en boucle. Tu es fatigué, donc tu es moins efficace. Tu es moins efficace, donc tu travailles plus tard. Tu travailles plus tard, donc tu dors moins. Et la fatigue augmente. La fatigue peut aussi toucher ce qui te permettrait d'aller mieux : tu annules les sorties, tu vois moins de monde, tu bouges moins. L'isolement peut s'installer.
→ Voir la page Je ressens de la solitude, de l'isolement
Ces idées peuvent t’aider à aller un peu mieux. Mais quand les difficultés durent ou te font souffrir, elles ne suffisent pas : c’est le moment d’en parler à un professionnel.
Estimer quel dormeur tu es, quels sont tes besoins.
Le recueil, via un agenda du sommeil, permet de savoir comment on dort, d'avoir un regard objectif sur son propre sommeil. C'est une pratique dont l'usage en évaluation comportementale du sommeil est ancien et bien établi (Bootzin & Engle-Friedman, 1981). Attention à ne pas vouloir trop bien faire et le remplir la nuit, l'idée est de le remplir le matin au réveil, même si cela est approximatif. Cela peut aussi permettre de préparer une consultation à laquelle on amène l'agenda. Agenda du sommeil (Réseau Morphée), PDF, 126 Ko - nouvelle fenêtre
La qualité du sommeil ne tient pas nécessairement à la quantité : ne pas chercher à récupérer absolument, essayer de respecter son rythme, ne pas traîner au lit, ne pas rester trop longtemps dans le lit si on ne dort pas. C'est un principe qui trouve son origine dans la thérapie de contrôle du stimulus, l'une des interventions comportementales les plus anciennes et les mieux validées contre les difficultés de sommeil (Bootzin, 1972).
Il est normal d'être fatigué par périodes.
Mais si la fatigue dure, si elle touche tes études, tes relations ou ton moral, tu n'as pas à rester seul avec ça.
Demander de l'aide, c'est prendre soin de soi, c'est permis, et c'est même une bonne idée.
Les signaux qui doivent t'amener à consulter (critères issus de l'Assurance Maladie, "Asthénie : que faire et quand consulter ?") :
L'épuisement est un signal. L'écouter, c'est déjà agir.
Voir les dispositifs d’aide
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